
Vitality a signé à l’IEM Kraków 2026 l’un de ces moments qui redéfinissent une ère. En renversant FURIA 3‑1 en grande finale à la TAURON Arena, les Français décrochent non seulement le premier grand trophée LAN Counter‑Strike 2 de l’année, mais confirment une domination déjà écrasante depuis 2025. Devant un public polonais chauffé à blanc, la structure la plus titrée de ces douze derniers mois ajoute un nouveau chapitre à sa dynastie.
Au cœur de cette épopée, un homme concentre tous les projecteurs : Mathieu “ZywOo” Herbaut. Désigné MVP avec des statistiques qui confinent à l’irréel, le prodige français transforme IEM Kraków en un véritable one‑man show, soutenu par un collectif parfaitement huilé. Dans une saison 2026 qui ne fait que commencer, ce sacre en Pologne plante le décor : il faudra encore, et toujours, passer par Vitality.
Un nouveau monument de l’ESL Pro Tour en Europe de l’Est
IEM Kraków 2026 marque une étape importante pour l’ESL Pro Tour. Remplaçant l’ancien stop de Hanovre/Katowice sur ce créneau hivernal, l’événement s’impose d’emblée comme un rendez‑vous majeur du circuit. Du 28 janvier au 8 février, 24 équipes se sont affrontées sur LAN à la TAURON Arena, dans une production visuelle et technique digne d’un Major, avec une scène arène pensée pour sublimer l’expérience CS2.
Le prize pool, estimé entre 1 et 1,25 million de dollars, illustre l’ambition d’ESL pour ce nouveau “winter championship”. Vitality repart avec 400 000 dollars pour la première place, tandis que FURIA empoche 180 000 dollars pour sa seconde position. Au‑delà des chiffres, c’est le prestige associé à cette nouvelle étape polonaise qui attire l’élite mondiale et renforce la place de l’Europe de l’Est dans l’écosystème esports.
Pour la scène locale, IEM Kraków est aussi un symbole fort. Après des années de domination de Katowice comme capitale historique du Counter‑Strike, voir une autre ville polonaise accueillir un événement de cette envergure élargit la carte des grandes ambitions. Couplé au retour de publics massifs en arène, le tournoi confirme que le CS2 au plus haut niveau reste un spectacle taillé pour les grandes foules et les grands récits.
Un roster de champions, inchangé et affamé
Si Vitality domine autant, c’est d’abord parce que la base sportive est restée intacte. Le roster aligné à IEM Kraków 2026 est le même depuis un an : Dan “apEX” Madesclaire au lead, Mathieu “ZywOo” Herbaut en superstar absolue, Robin “ropz” Kool en machine de régularité, William “mezii” Merriman en glue man précieux, et Shahar “flameZ” Shushan en moteur d’agression. À la baguette, un staff technique qui a fait de la structure l’organe le plus titré de l’ère CS2 sur les douze derniers mois.
Cette stabilité est l’un des leviers majeurs de leur réussite. Là où de nombreuses équipes oscillent entre restructurations et paris de mercato, Vitality a capitalisé sur la continuité, la montée en puissance collective et la complémentarité de profils. apEX pilote le navire avec une science des mid‑rounds rodée, ropz apporte une fiabilité glaçante sur les extrémités, mezii absorbe les tâches ingrates sans perdre en impact, pendant que flameZ et ZywOo dynamitent les défenses adverses.
Ce noyau dur arrive à Kraków déjà bardé de succès : ESL Grand Slam en poche, deux Majors consécutifs, une série record de 30 victoires d’affilée et plusieurs sacres de “Esports Team of the Year” aux Esports Awards, The Game Awards et HLTV Awards. L’enjeu n’est plus tant de prouver qu’ils sont au sommet, mais de voir jusqu’où ils peuvent repousser les limites de cette domination. IEM Kraków 2026 vient ajouter une brique supplémentaire à ce mur de trophées.
Un parcours de groupe parfait, sans concéder la moindre carte
Dès les groupes, Vitality envoie un message limpide : personne ne contestera leur place en playoffs. Les Français traversent leur poule en 2‑0 à chaque série, balayant successivement BC.G, 3DMAX et Aurora. Aucune carte n’est concédée, et la manière impressionne autant que le résultat. Dans un contexte de début de saison, où certaines équipes tâtonnent encore, Vitality affiche déjà une forme proche de son pic.
Au‑delà des scores, c’est la façon dont ils dictent le tempo qui frappe les observateurs. Les sides T sont construits, patients lorsque nécessaire et explosifs dès qu’une brèche s’ouvre. Les sides CT, eux, reposent sur une discipline de rotations impeccable et une lecture quasi parfaite du jeu ennemi. ZywOo flotte déjà au‑dessus de la mêlée, mais l’ensemble du roster signe des ratings solides, preuve d’une domination vraiment collective.
Cette phase de groupes parfaite offre un avantage crucial : une qualification directe pour les demi‑finales. Vitality évite ainsi les quarts de finale, économise de l’énergie et bénéficie de plusieurs jours de préparation spécifique pour les adversaires des playoffs. Dans un format exigeant où la moindre baisse de régime peut coûter cher, cette gestion du bracket témoigne aussi d’une maturité stratégique qui distingue les grandes équipes des légendes.
Une demi‑finale maîtrisée face à MOUZ
En demi‑finale, Vitality retrouve MOUZ, organisation réputée pour son travail avec les jeunes talents et habituée aux derniers carrés des grands événements. Sur le serveur, pourtant, la rencontre tourne rapidement à l’avantage des Français. Ils s’imposent 2‑0, avec un 13‑7 sur Nuke et un 13‑6 sur Dust II, des marges nettes qui laissent peu de place au suspense.
ZywOo y signe une nouvelle démonstration individuelle : 40 éliminations pour 19 morts sur la série, et plus de 100 ADR, des chiffres dignes des plus grandes performances LAN de l’ère CS2. Mais l’important est aussi la structure du jeu : les entrées de flameZ, les holds glacials de ropz et la capacité d’apEX à lire les adaptations de MOUZ forcent l’adversaire à jouer constamment en réaction, rarement en initiative.
Cette victoire expéditive installe Vitality en finale avec une confiance maximale. Ils arrivent dans le BO5 ultime sans avoir perdu la moindre carte du tournoi, forts d’une dynamique où chaque joueur a déjà eu l’occasion de briller. Seule ombre au tableau : l’adversaire. Car en face se dresse FURIA, numéro 2 du Valve Regional Ranking, et surtout, bourreau de Vitality à IEM Chengdu 2025.
Une rivalité brûlante avec FURIA, enfin à l’avantage de Vitality
La finale de l’IEM Kraków 2026 ne se joue pas dans le vide : elle est irriguée par une histoire récente, celle d’une blessure à refermer. En 2025, FURIA avait infligé à Vitality un cinglant 3‑0 à IEM Chengdu, marquant l’une des rares corrections subies par les Français au sommet de leur art. Depuis, la confrontation entre les deux rosters est devenue l’une des plus attendues du circuit.
FURIA arrive à Kraków comme légitime challenger, solidement installée au deuxième rang mondial dans le Valve Regional Ranking. Style agressif, mid‑rounds créatifs, clutchs à répétition : les Brésiliens incarnent l’avers idéal aux Français. Là où FURIA embrasse le chaos, Vitality lui oppose un contrôle clinique, ce qui donne systématiquement des séries chargées en tensions narratives.
Dans ce contexte, la revanche polonaise dépasse le simple enjeu d’un trophée supplémentaire. Pour Vitality, il s’agit de redresser un ‑to‑ négatif sur une grande scène récente et de mettre un terme au récit d’une “bête noire” brésilienne. Pour FURIA, l’occasion est rêvée : saper la dynastie en place et s’approprier le rôle de nouvelle force de l’ère CS2. C’est dans ce décor que s’ouvre la grande finale du 8 février 2026.
Une grande finale renversée : de Mirage perdu à la consécration
Le BO5 démarre pourtant de la pire façon pour Vitality. Sur Mirage, FURIA impose sa loi et s’impose 13‑11. Les Brésiliens prennent l’avantage initial, capitalisant sur leurs exécutions rapides et une aisance redoutable dans les rounds décousus. Pour la première fois du tournoi, Vitality se retrouve mené dans une série, confronté à l’obligation de réagir immédiatement pour éviter de voir le BO5 lui échapper.
La réponse arrive dès Inferno. Vitality resserre son jeu, ajuste ses prises de zones et asphyxie progressivement le plan de FURIA pour égaliser 1‑1 avec un score de 13‑8. Les duels clés tournent enfin en faveur des Européens, ZywOo commence à prendre une ampleur démesurée, et le collectif affiche un tout autre visage que sur Mirage, plus discipliné, plus patient, plus létal dans les moments charnières.
La bascule définitive survient sur Nuke. Vitality y inflige une véritable correction : 13‑2, une domination presque humiliante à ce niveau de compétition. Les rotations défensives sont parfaites, les attaques chirurgicales, et FURIA semble à court de solutions. Overpass, dernière carte de la série, sera beaucoup plus contestée, mais le momentum est clairement repassé du côté de Vitality après ce troisième map totalement à sens unique.
Overpass : un comeback tendu, des actions de légende
Sur Overpass, FURIA refuse néanmoins de lâcher prise. À la mi‑temps, les Brésiliens mènent 9‑6 et se rapprochent d’une cinquième carte potentiellement explosive. Vitality paraît un instant vaciller, commet quelques erreurs inhabituelles, et le public sent planer l’ombre d’un possible retour brésilien. Mais ce roster sait souffrir et se réinventer en plein match.
Le side CT de Vitality devient le théâtre de plusieurs actions clés qui feront le tour des réseaux sociaux. Shahar “flameZ” Shushan signe un 4k déterminant, stoppant net une exécution de FURIA et renversant l’élan psychologique de la carte. Quelques rounds plus tard, Dan “apEX” Madesclaire claque un 3k explosif dans un round tendu, criant, gesticulant, haranguant la foule et poussant ses coéquipiers à intensifier encore le rythme.
La balle de match offre enfin le moment iconique : un 4k décisif de ZywOo, conclusion presque écrite d’avance au vu de son tournoi. Entre multi‑kills en défense de site, repositionnements millimétrés et sang‑froid en 1vX, le Français clôt Overpass 13‑10 après un comeback de 6‑9 à 13‑10. La salle explose, Vitality s’impose 3‑1 dans la série (11‑13 Mirage, 13‑8 Inferno, 13‑2 Nuke, 13‑10 Overpass) et s’empare du premier grand titre CS2 de 2026.
ZywOo, MVP historique et performance d’anthologie
Au terme de cette semaine polonaise, une vérité s’impose : IEM Kraków 2026 est l’un des plus grands tournois de la carrière de ZywOo. Avec un rating HLTV moyen avoisinant 1,59 sur l’ensemble de l’événement, un K/D d’environ 2,06 et, en finale, des chiffres monstrueux , 90 éliminations pour 41 morts selon certains rapports, 81/38 selon d’autres méthodologies , le Français écrase la compétition et s’adjuge son 29ᵉ titre de MVP.
Ce rating fait de l’IEM Kraków 2026 sa meilleure campagne LAN en arène de tous les temps, surpassant ses propres références à EPL S19 et EPICENTER 2019. Dans l’histoire des IEM “winter championships”, seule la performance à 1,70 de donk à Katowice 2024 reste devant lui statistiquement. Dans le contexte de CS2, on parle d’une des campagnes les plus dominantes jamais enregistrées, toutes équipes et toutes époques confondues.
Au‑delà des chiffres, c’est la manière qui impressionne. ZywOo alterne entre rounds de pure mécanique, où sa précision brutale semble inhumaine, et séquences de jeu intelligent, où son sens du timing et des rotations sauve des situations compromises. À Kraków, il ne se contente pas d’être le meilleur joueur du tournoi : il incarne la colonne vertébrale émotionnelle de Vitality, multipliant clutchs et multi‑kills dans les moments les plus lourds de pression.
Vitality, une dynastie qui s’installe dans l’histoire de CS2
Avec ce sacre à l’IEM Kraków 2026, Vitality signe sa 10ᵉ victoire sur un tournoi de Tier 1 en douze mois. Ajoutez à cela une seconde couronne IEM de rang en Pologne après IEM Katowice 2025, un ESL Grand Slam, deux Majors consécutifs et une moisson de titres “Esports Team of the Year” : la structure n’est plus seulement une référence de l’ère CS2, elle est déjà en train d’en façonner la légende.
Sportivement, cette régularité au plus haut niveau est extrêmement rare. Conserver un statut de numéro 1 mondial dans le Valve Regional Ranking sur la durée, tout en restant l’équipe à abattre dans chaque grand tournoi, demande une alchimie quasi parfaite entre management, staff, joueurs et culture d’organisation. Vitality réussit ce que peu de rosters ont su maintenir : une faim intacte malgré les trophées accumulés.
À chaque titre, la comparaison avec d’autres dynasties historiques du Counter‑Strike se renforce. L’ère polonaise des Virtus.pro, les plus belles années de l’Astralis de CS:GO, les dominations ponctuelles de Natus Vincere ou de FaZe : toutes trouvent aujourd’hui un écho dans la trajectoire de cette équipe jaune et noire. IEM Kraków 2026 vient consolider cette place parmi les monuments du jeu, tout en laissant le sentiment que le plafond n’a pas encore été atteint.
En Pologne, Vitality n’a pas seulement remporté un trophée de plus. Les Français ont posé un jalon dans la construction d’une ère, en conjuguant domination collective, scénario dramatique et performance individuelle d’exception. La revanche prise sur FURIA, la démonstration statistique de ZywOo et l’ampleur de la mise en scène à la TAURON Arena font de cette IEM Kraków 2026 un événement déjà cité parmi les moments fondateurs de CS2.
La suite du calendrier s’annonce immédiatement chargée : dès le 14 février, Vitality se projette vers le PGL Cluj‑Napoca 2026, Major de référence au prize pool de 625 000 dollars, avec une entrée en lice face à G2 Esports, avant d’enchaîner sur les finales d’ESL Pro League Saison 23 en Suède à partir du 13 mars. Si Kraków a montré une chose, c’est que tant que ce roster restera soudé autour d’un ZywOo à ce niveau, chaque nouvel événement sera une occasion de plus de graver un peu plus profondément le nom de Vitality dans l’histoire de Counter‑Strike.