
Depuis plusieurs mois, une partie de la communauté CS2 vit au rythme d’un cycle épuisant : grosse mise à jour, grosses chutes de FPS, puis série de correctifs plus ou moins efficaces. La dernière salve de patchs, et en particulier la mise à jour de fin janvier 2026, marque toutefois un tournant intéressant : Valve cible enfin de manière frontale la stabilité du framerate, notamment via des optimisations Subtick et Vulkan.
Pour de nombreux joueurs, cette mise à jour tombe à point nommé. Entre les baisses de performances progressives mesurées par les dataminers et les témoignages de joueurs haut de gamme subissant des 1 % lows catastrophiques, l’expérience compétitive s’était nettement dégradée. Reste à comprendre ce que change concrètement ce patch, dans quelle mesure il corrige les grosses chutes de FPS, et ce qu’il est encore possible de faire côté joueur pour stabiliser le jeu.
Une mise à jour CS2 focalisée sur la stabilité FPS
La mise à jour CS2 déployée fin janvier 2026 se distingue d’abord par son rythme : il s’agit déjà du 6ᵉ patch en une dizaine de jours, signe que Valve est dans une phase de « sprint correctif ». Au cœur de ces changements, on retrouve deux axes majeurs : l’optimisation du système Subtick et une meilleure gestion de Vulkan, le backend graphique utilisé par CS2. Même si les notes officielles parlent surtout de « stabilité » et de « cohérence », l’objectif implicite est clairement de lisser les FPS et de réduire les micro-freezes.
Premier changement important, le paramètre sv_subtick_movement_view_angles a été modifié. Concrètement, les mouvements de vue (ce qui se passe quand vous déplacez la souris) ne sont plus envoyés au serveur en continu, mais regroupés avec les autres évènements Subtick. Ce batching réduit la charge réseau, limite certaines formes de désynchronisation client/serveur et, surtout, atténue les pics de calcul qui pouvaient se traduire par des saccades visibles lors des duels rapides.
Deuxième volet : l’activation de la « Vulkan defragmentation ». Cette fonctionnalité vise à mieux gérer la mémoire utilisée pour le streaming de textures, afin d’éviter les fragments mémoires éparpillés qui causent des micro-freezes lors du chargement d’assets. Sur les configurations modestes , GPU milieu de gamme, 8 à 16 Go de RAM , cette optimisation doit, en théorie, réduire les à-coups en plein match et donc limiter les grosses chutes de FPS ressenties dès qu’une nouvelle zone de la carte ou un nouveau modèle est affiché.
Pourquoi CS2 s’est-il mis à chuter en FPS au fil des mises à jour ?
Si cette mise à jour CS2 semble aller dans le bon sens, elle n’arrive pas dans le vide. Les données collectées par des dataminers comme Thour montrent une tendance lourde : entre septembre 2023 et septembre 2024, on observe une baisse moyenne d’environ 10 % du framerate sur l’ensemble des cartes compétitives de CS2, sur une configuration standard (i5‑12400F + GTX 1660 Ti + 16 Go de RAM). Cette baisse n’est pas liée à un seul patch, mais à une accumulation de petits coûts CPU et GPU au fil des mises à jour.
Autour du patch « Armory » (octobre 2024), les tests communautaires enregistrent une chute moyenne de 323 à 280 FPS à 1080p, détails moyens et MSAA 2x, soit environ 14 % de performances en moins. Dans un jeu compétitif où les joueurs visent souvent des framerates très élevés pour réduire la latence d’affichage et améliorer la fluidité, cette diminution est loin d’être anodine. Elle se traduit par des sensations de lourdeur dans la visée et une lisibilité moindre dans les situations chaotiques.
Ces chiffres suggèrent une mécanique désormais bien connue : chaque grande mise à jour qui ajoute des fonctionnalités (nouveaux contenus cosmétiques, éléments d’interface, changements de netcode, systèmes de skins ou de charms) vient avec un coût en ressources. Ce surcoût n’est pas toujours anticipé ou testé sur toutes les configurations, et Valve se voit ensuite contraint de publier plusieurs correctifs successifs pour rattraper les dégradations de FPS. La mise à jour actuelle s’inscrit précisément dans cette logique de rattrapage.
Le patch « Armory » : point de bascule des grosses chutes de FPS
La mise à jour « The Armory » a constitué, pour beaucoup de joueurs, le premier gros signal d’alarme. Juste après son déploiement, les forums et Reddit ont été inondés de témoignages décrivant des FPS qui « plongent » en match, parfois sans raison apparente. Des joueurs qui tournaient auparavant en High sans aucun problème se sont retrouvés à subir des saccades importantes, alors même que leur matériel n’avait pas changé.
Face à l’absence de correctif immédiat, la communauté a multiplié les contournements temporaires. Les guides conseillaient de passer le preset graphique sur « Low » dans le menu Vidéo/Advanced Video, même sur des machines capables de faire tourner le jeu en High. D’autres recommandent la mise à jour des pilotes GPU NVIDIA/AMD, voire la réinstallation propre des drivers pour éliminer d’éventuels conflits apparus avec les nouveautés de CS2.
Sur le plan réseau, certains auteurs de guides ont proposé d’ajuster les réglages classiques comme rate, cl_cmdrate et cl_updaterate pour limiter la perception des saccades côté client. Ces ajustements ne font pas réellement remonter les FPS, mais peuvent réduire l’impression de stutter ou de décalage dans les échanges avec le serveur. Tous s’accordaient cependant sur un point : ces « fix » restaient des rustines en attendant que Valve publie un correctif ciblant directement les chutes de framerate introduites avec Armory.
Des configs haut de gamme également frappées par les chutes massives
L’un des aspects les plus préoccupants de la situation récente sur CS2, c’est que les problèmes de grosses chutes de FPS ne touchent pas seulement les petites configurations. Une méta‑analyse d’environ 1 900 discussions Reddit et YouTube, réalisée début 2026, montre qu’en fin 2025 / début 2026, près de 68 % des joueurs avec des PC haut de gamme (RTX 4080/5080 ou RX 7800 XT+, Ryzen 7/9 ou i7/i9) rapportent des baisses drastiques de framerate et des 1 % lows extrêmement instables.
De nombreux témoignages parlent d’un framerate passant de 500 à 700 FPS théoriques à moins de 300 FPS en situation réelle, avec des 1 % lows qui s’effondrent entre 50 et 100 FPS. Dans les cas extrêmes, la dégradation est estimée entre 40 % et 60 %, ce qui est considérable sur des machines censées « overkill » CS2. Le problème n’est donc pas seulement un manque de puissance brute, mais bien une gestion imparfaite des ressources par le jeu lui-même.
Autre élément marquant : 72 % des joueurs affectés décrivent des chutes « aléatoires » en match, tandis que 28 % voient la baisse de FPS dès le lancement du jeu. Dans les scénarios les plus sévères, les 1 % lows chutent à 10, 20 % des FPS moyens, ce qui rend l’expérience compétitive très difficile à jouer. L’objectif des derniers patchs, dont cette mise à jour Subtick/Vulkan, est donc moins d’augmenter les FPS maximum que d’empêcher ces plongées brutales qui dégradent le ressenti en jeu.
Témoignages récents : du 300+ FPS au 99 FPS en boucle
Les threads Reddit de fin 2025 et début 2026 fournissent un panorama très concret de ce que vivent les joueurs touchés par les problèmes de performances. En janvier 2026, un fil particulièrement relayé raconte le cas d’un joueur qui passe de plus de 300 FPS à 200 puis 99, en boucle, « CONSTANTLY », juste après « the new update ». Sa configuration, équipée d’un GPU série 50, n’avait jamais montré le moindre signe de faiblesse auparavant.
En remontant un peu plus loin, un thread de mai 2025 décrit une chute brutale de ~200 FPS à 30‑40 FPS « juste après la mise à jour ». D’autres utilisateurs évoquent des pertes de 200‑300 à 5‑60 FPS en Deathmatch, ou de 200‑300 à 40‑60 FPS après 10‑15 minutes de match Premier, suite au patch du 7 mai. Ces baisses progressives après un certain temps de jeu font penser à des problèmes de fuite mémoire, de gestion de shaders ou de fragmentation des ressources.
Sur des fils de juillet et août 2025, on retrouve le même motif : le jeu démarre fluide, puis tombe soudainement à 40‑50 FPS et reste dans cet état jusqu’au redémarrage complet. Certains joueurs rapportent ces symptômes malgré un changement complet de PC, ce qui renforce l’hypothèse d’un problème côté moteur ou backend plutôt que purement matériel. La mise à jour CS2 récente, avec sa defragmentation Vulkan et ses ajustements Subtick, semble précisément viser ce type de scénario.
Réglages et astuces techniques issus de la communauté
En parallèle des correctifs officiels, la communauté a développé tout un arsenal de réglages censés améliorer ou stabiliser les FPS sur CS2. L’une des méthodes les plus citées consiste à supprimer les fichiers video.txt et videodefaults.txt dans le dossier Steamuserdata[ID]730localcfg, afin de forcer une régénération propre des réglages vidéo. Une analyse communautaire crédite cette méthode d’un « taux de succès » d’environ 58 % sur les problèmes de FPS liés à des configurations corrompues ou mal migrées entre patchs.
Autre piste souvent mentionnée : le nettoyage ou l’augmentation du cache de shaders via le panneau de configuration NVIDIA ou AMD. Dans les tests communautaires relayés, cette opération aurait permis d’améliorer les 1 % lows d’environ 47 % et de réduire les micro‑stutters de quelque 31 %. Ces chiffres sont empiriques, mais ils confirment une intuition partagée : une bonne partie des saccades vient de recompilations de shaders ou de comportements erratiques du cache après une mise à jour majeure.
Les paramètres de lancement conseillés dans plusieurs guides récents restent relativement classiques : -high -threads [nb de cœurs] -nojoy -fullscreen, en évitant toutefois -freq, qui peut provoquer des conflits avec certains écrans 240 Hz et plus. Sur Reddit, des conseils récurrents recommandent aussi de vider le shader cache « après chaque update », de réduire ou normaliser le polling rate souris/clavier (revenir de 4‑8 kHz à 1 kHz) pour récupérer quelques FPS, et de limiter les FPS du menu (60 ou 120) pour éviter que le GPU tourne à 100 % hors match.
Une alternance frustrante : updates qui cassent, patchs qui réparent (partiellement)
Sur la période 2024‑2026, une tendance se dessine clairement : l’alternance entre des mises à jour majeures qui dégradent les FPS et des patchs correctifs qui réparent une partie des dégâts sans toujours revenir au niveau de performance initial. Les statistiques de dataminers indiquent une détérioration moyenne de 10 à 14 % des FPS sur certaines périodes, souvent après l’ajout de fonctionnalités comme Armory, de nouveaux cosmétiques ou de changements dans le code réseau.
Les retours Reddit et les articles d’esport décrivent un schéma quasi systématique : sortie d’une grosse update, explosion de posts sur les « grosses chutes de FPS », le stuttering et les 1 % lows, puis, dans les jours ou semaines suivantes, publication de hotfixes visant le code Subtick, la gestion des textures (Vulkan defrag) ou certains comportements du moteur. Il est intéressant de noter que les notes de patch mentionnent rarement explicitement le mot « FPS », alors que la corrélation avec les plaintes de la communauté est évidente.
Au 05/02/2026, les dernières notes de patch mettent surtout en avant l’optimisation Subtick et la gestion Vulkan, présentées par les sites spécialisés comme des améliorations de la stabilité du framerate plutôt qu’un « buff massif » des performances brutes. En pratique, cela signifie que les joueurs ne doivent pas s’attendre à doubler leurs FPS par magie, mais plutôt à voir disparaître, ou au moins se réduire, ces grosses chutes qui rendaient le jeu parfois injouable même sur des machines très puissantes.
La nouvelle mise à jour CS2 qui corrige les grosses chutes de FPS représente donc une étape importante dans le long processus d’optimisation du jeu. En agissant simultanément sur le Subtick et sur la defragmentation Vulkan, Valve cible des points névralgiques identifiés depuis des mois par la communauté : désynchronisations réseau, micro-freezes liés au streaming de textures, et mauvaise stabilité des 1 % lows. Pour une partie des joueurs, ces correctifs devraient déjà se traduire par un ressenti plus cohérent en match, même si le compteur de FPS bruts n’explose pas.
Il serait toutefois illusoire de croire que cette mise à jour règle définitivement tous les problèmes de performances de CS2. Les données de dataminers montrent une dérive globale du framerate sur la durée, liée à l’ajout continu de fonctionnalités et de contenus. Tant que ce cycle « update qui casse / patch qui répare partiellement » persistera, les joueurs auront intérêt à combiner les correctifs officiels avec les bonnes pratiques communautaires : gestion du cache de shaders, vérification des fichiers vidéo, paramètres de lancement raisonnables et contrôle du polling rate des périphériques. La balle est désormais dans le camp de Valve pour transformer ces correctifs ponctuels en véritable stratégie de performance à long terme.